
Hypervigilance maternelle, encore un terme qui montre que les mères sont fragiles? ou est-ce que la société induit la solitude maternelle et peut engendrer les « difficultés maternelles »?
Les femmes, c’est bien connu, sont un peu hystériques, les hormones leur jouent des tours… on a assez entendu ça pendant des siècles, il est temps de comprendre en quoi la femme qui devient maman est fragile et ce qui l’aide à ne pas le rester.
Plus sérieusement, qu’est-ce qui fait que lorsqu’elles deviennent mamans, certaines femmes se transforment en «contrôleuses », veulent tout gérer, surveiller, et dans leur façon d’être avec leur bébé, sont hyper stressées, au point que ça peut vraiment rendre difficiles l’ambiance familiale.
Ce phénomène s’appelle l’hypervigilance maternelle.
IL s’agit d’un phénomène assez rependu mais parfois c’est léger et ça passe rapidement… mais parfois non, et alors peut rendre la vie vraiment pénible pour la maman, qui ne se reconnaît pas mais ne peut pas faire autrement, mais aussi pour tout l’entourage.
Pourquoi certaines mamans deviennent hyper-vigilantes ? C’est quoi ? C’est ne plus pouvoir vivre sa maternité de manière sereine, être toujours sur le qui-vive, stressée, avoir peur qu’il arrive quelque chose à bébé, ne plus supporter que quelqu’un s’approche de lui, le regarde… cela peut aller loin.
C’est un phénomène de mal-être et de « santé mentale maternelle », un de plus… comment se fait-il qu’on en voit de plus en plus, qu’on en parle de plus en plus ?
Une tare maternelle, féminine de plus ? Et si c’était induit par notre façon de vivre ?
Une maman peut être stressée de nature, alors elle aura plus tendance à devenir anxieuse autour de la maternité, parfois le manque de sommeil peut accentuer une tendance à l’anxiété, rajouté au bouleversement hormonal, au changement de vie et identitaire (passer de jeune femme à maman) et à la responsabilité énorme dont on prend conscience face à son bébé… cela peut donner un glissement vers un état dépressif, ou un état de stress profond, exacerbé en lien avec le bébé.
Que faire si autour de toi tu constate qu’une maman toute fraîche devient stressée à outrance, étouffante, contrôlante, hypervigilante ?
Ce qu’on nous dit en général c’est « parlez-en à un professionnel de santé ». Pour moi il ne s’agit pas d’un souci médical qui nécessite un médecin, mais ça peut le devenir, devenir pathologique, alors que ce n’est pas une fatalité.
Alors si une maman autour de toi glisse vers l’hypervigilance, le stress à outrance, elle n’est pas hystérique, elle a besoin d’aide. Pas d’aide médicale (du moins au début), mais d’aide HUMAINE. On peut réagir en lui proposant : REPOS ? SOUTIEN et AIDE CONCRETE.
L’entourage doit être mis à contribution, cette maman a besoin d’aide humaine, d’écoute bienveillante, amicale, familiale, d’aider concrète dans la vie de tous les jours.
Inutile de lui dire de se reposer, de lâcher prise, d’apprendre à se prioriser… elle ne peut pas l’entendre. Ce qui aide c’est de créer les conditions pour qu’elle puisse effectivement trouver du relai, du repos et surtout se prioriser.
Car oui, c’est le fameux village qui manque. Non, pas les tatas et copines qui viennent voir bébé et le prennent dans les bras, papotent et s’attendent à être reçue correctemetn par la maman, mais le village de personnes qui s’occuperont de faire à manger, le ménage, les courses, et qui sont là pour parler, écouter, comprendre. Et valoriser la bulle maman-bébé, tout en aidant la maman à prendre conscience que ce qu’elle vit est trop, mais pas faux. Normal qu’elle veuille protéger son bébé, mais sans que cela devienne « hyper » ; toujours une bonne dose de bon sens… Aidons-là à prendre conscience qu’elle peut trouver une autre façon de ressentir les choses. Si vraiment la maman est trop enlisée dans la difficulté, une consultation psychologique peut aider, mais avant tout, elle a besoin d’amis, de sa famille, de chaleur humaine. Le sentiment de solitude maternelle (réelle ou ressenti) est une véritable difficulté des mamans de nos jours dans nos société, cela n’a pas toujours été le cas. On est plus célébré, vues, témoignées, honorées pour ce qu’on vient d’accomplir, c’est normal, et on attend à ce qu’on fonctionne quasi comme avant rapidement. Pas étonnant que cela entraîne des distorsions émotionnelles.
Pendant la grossesse, la jeune maman d’aujourd’hui est mesurée, pesée, vérifiée, contrôlée, on lui fait plein de tests, et personne ne questionne cette surveillance sous tous les angles, qui donnent un faux sentiment de sécurité, de « tout est sous contrôle ». Pendant l’accouchement souvent déjà la jeune femme déchante, rien ne se passe comme elle se l’était imaginé, surtout si elle est « prise en charge » en maternité. Ses premières heures de jeunes mamans elle les passe à être surveillée, contrôlée, et le bébé aussi, de toute façon, elle a bien intégré qu’elle était incapable de gérer, il faut toujours du personnel médical, et rien ne se passe comme on s’imagine. Et puis au bout de quelques jours elle rentre chez elle et se retrouve seule responsable de ce petit être totalement dépendant d’elle… Le papa est là, mais il ne sait pas, ne comprend pas… (c’est du moins l’impression qu’elle a) ou ne prend la mesure de la responsabilité tant au sérieux, et c’est la maman qui se sent responsable des pleurs du bébé, et qui souvent prend toute la charge sur elle.
C’est lourd, c’est fatigant, le stress s’installe…
Fort heureusement toutes les jeunes mamans ne seront pas hypervigilantes, ni stressées, ni dépressives, n’en faisons pas une généralité. Mais si les premiers signes font douter… je ne vous dirai pas de consulter, je vous dirai de vous entourer, de parler, d’en appeler à l’entourage. La réponse est humaine! Rappelons-nous que la jeune maman n’est pas faite pour être seule, et que (voir mes autres articles), elle est faite pour avoir un postpartum soutenu, entouré, protégé.
Honorons les mamans, et soutenons-les. Mama, tu mérites d’être soutenue, écoutée, et tu mérites qu’on prenne soin de toi. Je ne parle pas de soin médical, mais du soin humain, soutenant, simplement ce pourquoi nous sommes faits, nous les humains, pendre soin de nous et des autres…
