Injonctions, charge mentale, pression sociétale – quand être maman devient pesant

A l’heure des réseaux sociaux où l’on nous dépeint souvent une maternité parfaite, des femmes stylées qui gèrent leur grossesse, leur accouchements et leur postpartum avec glamour, et qui vivent très bien la reprise du travail, les enfants, la maison, les loisirs… il y a de quoi se décourager lorsqu’on se retrouve maman et que ce n’est pas aussi simple.

Il n’y a pas que ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, il y a aussi les nombreuses injonctions qui pèsent sur les mamans, qui nous dictent comment être une bonne mère, ce qui est bien ou non, quel type de maternage, quel façon d’accompagner nos enfants pour qu’ils soient beaux, intelligents (il faut les éveiller à tout, les stimuler en tout…), bref, dans tous les domaines on dirait qu’on a des cases à cocher. Dès qu’on est maman il y a un catalogue de choses et d’attitudes à avoir pour être bien, et même si on coche toutes les cases, vu les conseils non sollicités souvent contradictoires, les injonctions contradictoires, il y a de quoi  se décourager. Les réseaux sociaux ont peut-être encore accentué ce phénomène de pression sociétale en montrant des facettes photoshopées ou avec filtre, lissées, mises en scène, des mamans influenceuses parfaites. Oui peut-être certaines y arrivent à être parfaites (mais c’est quoi la perfection en terme de maternité ?) mais les conditions et l’histoire de chaque maman, chaque famille est différente, alors concentre toi sur toi, Maman !

Les Mamas, faut qu’on parle !  On se croit femme autonomes, éclairées, qui décident de nos vies, et hop on se retrouve sur le chemin de la maternité avec tout un tas d’attentes auxquelles on essaie d’adhérer. Alors on peut déplorer cet état de fait, se soumettre, pester contre la charge mentale, la société, tata Jacqueline etc, mais il est temps de recadrer le débat. On s’est toutes laissé plus ou moins happer par cette tendance, mais pour nos filles, nos petites-filles, nos enfants en général, réagissons et ne reproduisons pas ce qui est attendu de nous.

Alors que faire ? Commencer à se reconnecter à son soi profond, à ses valeurs, à sa vision de la vie, de la maternité, à ce qu’on souhaite offrir à nos enfants ( je ne parle pas de biens matériels, qu’on soit bien clair), et réfléchir, et surtout ressentir en soi… Respires, ressens qui tu es, pourquoi tu as voulu être maman, ressens cette connexion à ton enfant, à la maman intérieure qui sommeille au plus profond de toi, à ton enfant intérieur… respire encore, beaucoup, longtemps, souvent… et prend du recul face à tout ça.

Oui il y a de la pression, des injonctions, mais qui nous oblige à les suivre ? Nous sommes dans un pays avec une relative liberté encore, et nous femmes sommes quand même plus libres que dans d’autres contrées, alors faisons-en usage, affirmons notre liberté, notre autonomie de choisir et de devenir la maman qu’on souhaite être. Pas celle qui est parfaite et instagrammable, non, celle qui, parfaitement imparfaite fera des erreurs, se cherche, mais puise au fond d’elle les raisons de sa façon d’accompagner, de materner… qui se reconnecte à son moi profond, son environnement (nature, physiologie, vie…), qui fait usage de bon sens… et qui aussi va se tromper et se relever. Celle qui écoute les conseils, lit les livres etc mais décide ce qui résonne pour elle, et sa famille. Celle qui de manière autonome décide de devenir autonome, souveraine. Non pas pour être mieux que les autres, mais pour être pleinement elle-même et vivre sa maternité avec joie et légèreté (bon soyons honnêtes, il y aura des tempêtes, mais on tiendra bon !).

Il est temps de ne plus se laisser si facilement influencer par « les autres », par la tendance, par « les injonctions », par « on a toujours fait comme ça » ou « moi j’ai fait comme ça, c’est la seule chose qui marche »… Reprenons notre pouvoir, notre souveraineté de maman, de femme.

Personne ne nous oblige à nous soumettre à tel ou tel conseil, à adopter les modes ou les recettes qui ont marché pour nos amis, cousins, ou que tel ou tel expert prône. Nous sommes libres et souveraines, nous avons la liberté, je dirai même plus exactement le devoir, pour les générations futures, de briser cette obédience et cesser de se plier à l’autre. Pas pour tout rejeter et n’en faire qu’à sa tête de manière égoïste, mais pour incarner une justesse et pouvoir apprécier noter chemin.

Libérééééééééééééeeeeeeeeeee ♪♫, délivrééééééééééééééeeeeeeeeeee ♫♪♫, vraiment ? Saissisons la liberté qu’il nous est donnée, libérons-nous de ces injonctions, de la charge mentale qui s’en suit pour mener tout parfaitement sous tous les fronts, et prenons notre vie en main, agissons comme des femmes responsables, de nous d’abord, de nos enfants ensuite.

Car devenir maman cela implique de devenir responsable, pas parfaite. Si l’on veut accompagner nos enfants pour qu’ils deviennent des êtres autonomes, bien dans leur corps et leur tête, prenons nos propres responsabilités, devenons un peu plus matures que de suivre et se soumettre. Cessons de souffrir de la charge mentale, des injonctions, laissons les glisser et soyons droites dans nos choix. Assumons notre responsabilité d’être nous-mêmes pour que nos enfants puissent devenir eux-mêmes.

Et cessons de subir, savourons la vie, ou comme ça se dit aujourd’hui, kiffons la life ! ☺

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